Flux et partie double

Ce billet fait partie d’un ensemble visant à démontrer que la comptabilité est une photographie du patrimoine de l’entreprise et dans le même temps, elle mesure l’activité de cette même entreprise. Cette notion de mesure est liée au concept de « résultat » tandis que le patrimoine englobe toutes les informations données par le bilan. Avant de voir en détail ces différents points par l’analyse du bilan et du compte de résultat, il est intéressant de se pencher de nouveau sur ce que l’on entend par « flux », sur le principe de la partie double et sur les notions d’enrichissement et d’appauvrissement d’une entreprise.

Les flux

Les flux externes caractérisent les circuits économiques. En d’autres termes, ces derniers ne peuvent exister sans les flux entre les différents agents économiques. Il existe deux types de flux : d’une part, les flux réels qui englobent les échanges portant sur les produits et services et d’autre part, les flux monétaires qui regroupent les échanges relatifs aux instruments de paiement ainsi que les opérations de crédit (engendrant une dette pour une des parties). À ce titre, il serait plus judicieux de parler de flux financiers. La comptabilité décrit de manière chiffrée l’intensité des flux qui traversent une entreprise tout en mesurant l’impact de leur passage sur la richesse de celle-ci. L’entreprise est un agent économique (au même titre que les ménages) et elle peut-être classée dans l’une des catégories suivantes : entreprise de distribution (l’objectif est la mise en vente de marchandise), entreprise de production (mise en vente de produits finis) et prestataire de service.

Pour décrire une opération commerciale faisant intervenir deux entités, il faut deux flux de sens opposés. Par exemple : un flux de vente de marchandise contre un flux de paiement en espèce.

La trésorerie de l’entreprise, enrichissement et appauvrissement

Du point de vue comptable, le cœur de l’entreprise est sa trésorerie et toutes les opérations qui l’impliquent constituent des flux monétaires. La trésorerie est alimentée par les fonds provenant des actionnaires (ou associés) et ceux venant des établissements de crédit. Ces fonds s’appellent « capitaux » et constituent des flux monétaires. La trésorerie est également alimentée par les règlements provenant des clients de l’entreprise. En revanche, la trésorerie est allégée par les paiements en faveur des fournisseurs et des salariés (rémunération dont salaire). Chez les premiers, l’entreprise achète des biens et services tandis que les deuxièmes lui fournissent leur force de travail. Dans les deux cas, on a affaire à des flux réels tout comme lorsque l’entreprise vend ses biens et services à sa clientèle.

Lorsqu’il y a trop de flux qui tirent leur origine de la trésorerie d’une entreprise, on finit par avoir un appauvrissement de celle-ci. Dans le cas contraire, on a un enrichissement.

Des flux à l’enregistrement comptable

L’origine d’un flux est une ressource. Par exemple, pour émettre un chèque en paiement à une prestation, une entreprise doit avoir un fond suffisant à la banque. L’origine de ce flux financier (paiement d’un prestataire) c’est donc le compte en banque de l’entreprise. La banque constitue la Ressource du point de vue de l’analyse comptable. Et toujours selon l’analyse comptable, une Ressource correspond au Crédit d’un Compte. En clair, le comptable va créditer le compte Banque. Cette tâche est appelée « imputation ». L’analyse ne s’arrête pas là, car il faut également voir ce qu’il se passe à l’autre bout du flux. La Ressource est destinée à un Emploi, en l’occurrence, le paiement du prestataire c’est-à-dire le fournisseur. Au niveau comptable, un Emploi correspond à un Débit. Il faut donc débiter le compte Fournisseur du montant du paiement. Pour résumer, une opération commerciale fait naître deux flux de sens contraire et, au niveau comptable, chaque flux implique au moins deux comptes : l’un est à débiter et l’autre à créditer.

Dans le grand livre, chaque compte est souvent présenté en tableau à colonnes séparées (le tableau à colonnes mariées est parfois utilisé). À gauche, on a le Débit et à droite le Crédit. Que ce soit pour le Débit et le Crédit, on doit préciser pour chaque opération leur date, leur libellé, ainsi que leur somme.

Avant de fermer un compte, il faut déterminer son solde (voilà pourquoi on parle aussi de « solder un compte) en faisant la différence entre le total des débits et le total des crédits. Si le solde est débiteur, on inscrit le montant au crédit du compte et on peut enfin procéder à la somme des débits et des crédits. Un solde créditeur est à inscrire au débit du compte. Cette façon de faire permet de respecter le principe de la partie double qui exige que le total des débits soit égal au total des crédits. Pour rétablir l’équilibre, à l’ouverture du compte, on inscrit le solde dans la partie crédit s’il était créditeur, ou dans la partie débit s’il était débiteur. Pour cela, on utilise le libellé  « Solde à nouveau ».

 


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